Construit sous Louis XIV, le fort de l'Eguillette forme avec la Tour Royale et le fort de Balaguier un ensemble stratégique destiné à interdire l'accès à la petite rade de Toulon. Avec sa tour carrée et ses deux ailes en retour, il offre un exemple unique de l'architecture militaire sur nos côtes.

Sa situation :

Situé sur la corniche Bonaparte, il offre une trés belle vue sur la rade de Toulon.
Le fort fut déclassé le 5 février 1877. Après avoir servi quelques temps de casernement à des troupes d'infanterie de Marine, il fut cédé à la Marine le 10 août 1924 pour le service des ateliers et des magasins de défenses sous-marines.

Il est toujours occupé par la Marine nationale qui a entrepris une importante et remarquable opération de restauration depuis 1997.

Un peu d'histoire :

Le fort est construit entre 1672 et 1680 pour compléter la protection de la petite rade à l'époque où Toulon acquiert son rôle de premier plan comme port de guerre.

La protection de Toulon par la Grosse Tour et par le fort de Balaguier contre des bâtiments voulant pénétrer en force dans la rade ne semblait pas suffisante à Vauban. Il fit ériger deux nouveaux forts sur la pointe de l'Eguillette et sur la rade des vignettes.
C'est en 1672 que débute la construction de l'ouvrage, dans le contexte des préparatifs de la Guerre de Hollande. La Tour sera terminée en 1680. Le fort de l'Eguillette offrait à la fin du 17ème siècle, une protection efficace au port de Toulon mais aussi aux rivages seynois.

L'appellation de l'Eguillette semble venir de la présence en ces lieux de points d'eau douce (aygade) où les navires venaient se ravitailler.
Contrairement aux constructions rondes des forts de Balaguier et de la Tour Royale, la Tour de l'Eguillette est carrée, flanquée de deux ailes obliques. On y trouve un couloir et une batterie à ciel ouvert avec des parapets et des embrasures, derrière lesquels 2 canons menaçaient la rade en tir rasant.

Le Fort de l'Eguillette est un Fort en batterie basse : à l'époque de la marine à voile, il était utilisé pour faire feu sur la coque des navires.
Devant le progrés réalisé par l'artillerie au milieu du 19 ème siècle, la batterie de droite fut casematée par des voûtes en maçonnerie. La batterie de gauche pouvant être tournée contre l'arsenal en cas de prise du fort, fut remblayée.
La face arrière des deux ailes est formée par une galerie de fusillade se raccordant sur celle de la tour. Le rez-de-chaussée de la galerie est voûté et ses murs sont percés de créneaux pour la défense rapprochée au fusil.

Le mur de façade de l'aile gauche est l'ancien parapet d'infanterie, dont on peut encore apercevoir les créneaux de fusillade. Voici les photos que j'ai pu prendre

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